Il existe un moment, entre la quatorzième et la quinzième coupe de champagne ou l'on devient altruiste.
J'imaginais que la vie avait un autre paysage que celui dans lequel j'évolue mais du haut de mes onze hivers je faisais une belle erreur.
Tout avait commencé comme une partition de musique parfaite, ou presque. Surgissait alors une fausse note, puis deux et ainsi de suite.
Il fallait rencontrer des personnes égoïstes à souhait pour sombrer au plus bas mais pour se relever plus fort que jamais et qu'on le veuille ou non c'était le passage obligatoire de toute vie en ce bas monde.
Un jour j'entendais « vous êtes un altruiste, ça se voit » mais je ne suis pas altruiste à son grand désarroi. Et pour cause, il nécessite la volonté de bonheur et générosité d'autrui sans rien vouloir en retour. Or dans la quête de mon bien être il m'aurait fallu quelque chose, un petit retour presque anodin, un minimum de réciprocité sans pour autant devenir égoïste moi-même.
L'égoïsme est l'antinomique d'altruisme alors si je me rapproche au plus de l'altruisme et mon entourage de l'égoïsme alors le Je est antinomique avec mon entourage.
Je me perdais moi-même dans mes réflexions sans pour autant cesser d'y penser.
La peinture de ma vie se transformait en une croûte à la limite du cynisme n'entraînant aucun plaisir à la contempler. Soudain, alors que j'étais à la limite du sommeil, je trouvais la solution. L'épilogue de cette histoire menée par un terme à toute négociation en deux mots : au revoir.
C'était bel et bien un nouveau départ et non pas grâce à la fuite mais aux changements communs
J'avais pris alors la clef pour ouvrir une nouvelle porte et fermer l'ancienne.
Tout paraissait clair à présent, mais plongé dans l'ivresse du moment, mes membres me faisant défaut tout comme mes sens les plus anodins je m'effondrais sans grâce sur le divan du séjour.
Les ténèbres qui m'entouraient laissèrent place au bien être, et à la rêverie évanescente d'une nuit.
C ' e s t L a F i n . A J a m a i s.